Bienvenue à la Compagnie régionale des Commissaires aux comptes de Paris

Vite Lu n°23 Un entretien avec Michel Chabanel

A l’occasion de cette rentrée 2016, Michel Chabanel, Président de l’Association Française des Investisseurs pour la Croissance, répond aux questions de Stéphane Dahan, élu de la Compagnie Régionale des Commissaires aux Comptes de Paris.

Michel Chabanel, pouvez-vous nous présenter l’AFIC ?

Le rôle de l’Association Française des investisseurs pour la croissance (AFIC) est d’assurer la promotion du capital-investissement, participer à son développement, garantir son exemplarité en fédérant l’ensemble de la profession. L’association compte plus de 280 membres actifs qui représentent la quasi totalité des structures de capital-investissement installées en France. Elle compte également 170 membres associés issus de tous les métiers qui accompagnent et conseillent les investisseurs et les entrepreneurs (experts-comptables, commissaires aux comptes, avocats¸ banquiers,…).

Quel regard portez-vous sur la profession de commissaire aux comptes et les objectifs de sa mission ?

Le commissaire aux comptes est souvent considéré comme une contrainte alors qu’il est le mieux à même de porter un regard critique et constructif sur l’entreprise et de donner au chef d’entreprise des recommandations sur la qualité des comptes et de l’information financière. Votre métier exige toutefois un formalisme qui laisse peu de place à l’analyse des questions économiques de l’entreprise. Le rapport, qui certifie que les comptes sont sincères et donnent une image fidèle des états financiers, apporte in fine assez peu de valeur ajoutée aux managers et aux actionnaires. En revanche, lorsque vous intervenez dans le cadre de diligences en dehors de votre mission de CAC, et qu’il n’y a plus le formalisme de la certification, votre valeur ajoutée est vraiment visible et très utile.

En tant  qu’investisseur et actionnaire, qu’attendez-vous de votre commissaire aux comptes?

On attend du CAC qu’il anticipe les problèmes et qu’il apporte sa compétence sur les risques et les dysfonctionnements au sein de l’entreprise. Nous aimerions qu’il puisse partager son regard plus large sur l’entreprise et moins axé sur les sujets techniques.

Considérez-vous que votre commissaire aux comptes communique suffisamment avec le management et/ou les actionnaires ?

Pas assez, et ce serait une piste possible d’amélioration. Lors des assemblées générales, la plupart des CAC délivrent peu de messages au delà de la lecture du rapport qui engage leur responsabilité vis-à-vis des actionnaires. En tant qu’actionnaire, nous avons trop peu d’occasions de dialoguer avec le CAC ; nous souhaiterions avoir davantage d’échanges, notamment sur la rentabilité économique réelle, la gestion du besoin en fonds de roulement, la trésorerie, les investissements, les modalités d’établissement des données prévisionnelles, etc.

Quels messages en terme d’axes d’amélioration souhaitez-vous transmettre à nos institutions ?

Nous aimerions une plus grande remontée d’information, sous la forme de conseils et de bonnes pratiques notamment à destination des managers ; la diversité des entreprises que vous contrôlez, associée à la richesse de votre formation et de vos missions devraient vous permettre d’apporter beaucoup plus à l’entreprise et notamment aux PME qui ont la contrainte et la volonté de se structurer. Sortir de ce formalisme apporterait une vraie valeur ajoutée à vos missions.

Propos recueillis par Stéphane Dahan,  élu de la CRCC de Paris.