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Vite Lu n°25 Editorial : Osons la confiance…

Voici le titre que nous avons choisi pour notre grande conférence des universités d’été, le 8 septembre prochain.

Voici également le titre que nous avons voulu donner à un ouvrage de témoignages, sollicitant l’opinion de personnalités de tous horizons, à paraître début septembre que nous vous adresserons ainsi qu’à notre environnement. Pourquoi ? Simplement parce que la confiance est aujourd’hui au centre, exactement, de toutes questions. Une question qui ne prétend pas à l’originalité. En politique, en économie, en religion, en science elle a toujours été centrale. Il suffit d’évoquer les débats entre Voltaire, Rousseau, Hobbes et Locke : ils y allèrent allègrement sur la bonté originelle et supposée – ou non – de l’homme et la confiance dont ils étaient individuellement dignes. Mais une question qui est aujourd’hui plus intensément centrale qu’auparavant!

Les sciences nous emmènent vite, très vite… loin, très loin ! De l’infiniment petit à l’infiniment grand. Elles nous promettent des capacités augmentées. Jusqu’à l’immortalité, s’enthousiasment certains !

Les tenants d’une confiance sans borne préconisent une foi absolue dans les progrès techniques et la capacité de l’homme à s’y adapter, à les maîtriser… Seulement pour le meilleur.  Et puis, il y a les plus méfiants, soucieux de prendre le temps d’évaluer, de décider. En somme, toutes ces opinions dialoguent, s’entrechoquent : et c’est heureux ainsi.

Malheureusement, en France, cette dialectique apparait restreinte, confisquée, voire impossible.  Les positions sont crispées. On l’observe notamment dans le cadre du dialogue social. Les antagonismes sont si puissants qu’il est difficile de réunir patronat et syndicat autour d’une table pour partager un objectif commun : le développement de l’entreprise. C’est donc l’Etat qui tranche et décide, seul - trop seul - garant de l’intérêt général ou du moins de la conception qu’il s’en fait.

Avec pour conséquence la production d’une réglementation foisonnante et générale, qui engendre toujours plus de dépenses publiques (57 % du PIB), plus de contraintes… jusqu’à l’étouffement ? L’élection présidentielle à venir est l’occasion inespérée d’un débat sur ce sujet de société. Sommes-nous prêts à partager tous ensembles des objectifs, des choix clairs pour notre pays ? Et pour y parvenir, oser la confiance ?

Oser la confiance aussi pour notre profession du chiffre car, à l’évidence, nous en sommes dignes. Ce qui signifie la nécessité de revenir sur une réglementation trop tatillonne. La nécessité de laisser les professionnels mêlés aux représentants des entreprises et des pouvoirs publics, le soin de contrôler la profession, d’édicter ses normes, sa déontologie et de participer à sa discipline. Aujourd’hui, de manière totalement inexplicable, les institutions élues par, vous, les professionnels, ont été écartées de toutes véritables prérogatives. Sans que nous ayons à déplorer aucun scandale, aucun dysfonctionnement.  Nous vivons cette traduction de la réforme européenne de l’audit par les pouvoirs publics français comme une acte de défiance, une injustice…

Sans doute la compagnie nationale s’est-elle montrée incapable de tisser les fils d’un pacte de confiance pourtant indispensable avec le monde économique et les pouvoirs publics. Nous devons désormais tirer les enseignements d’un tel échec et  agir en conséquence. Dans les prochains mois, nous devrons donc renouer le dialogue avec les pouvoirs publics, tant au niveau européen que national. Avec une doctrine et un argumentaire clair, échafaudé sur des données objectives. Vos élus de la CRCC de Paris y travaillent ardemment pour être en mesure de convaincre les pouvoirs public : d’oser la confiance !  

D’ici là, je vous souhaite d’excellents congés estivaux, et me réjouis de vous retrouver, toujours plus nombreux, du 6 au 9 septembre prochain, porte maillot, le nouvel écrin de nos universités d’été.

Par  Jean-Luc Flabeau, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris