« Bilan carbone / BGES » et norme VSME : obligation, articulation et périmètre des informations

23 janvier 2026
Retrouvez votre rendez-vous bi-mensuel pour plonger au cœur de la durabilité ! La norme VSME ne crée pas la donnée carbone ; elle en organise la restitution. Dans ce cadre, le commissaire aux comptes est appelé à jouer un rôle structurant de tiers de confiance, en contribuant à rapprocher progressivement le reporting de durabilité des standards de qualité, de fiabilité et de traçabilité attendus pour toute information communiquée aux parties prenantes.

Faut-il réaliser un bilan carbone pour appliquer la norme VSME ? 

 
La norme VSME n’impose pas, en tant que telle, la réalisation d’un « bilan carbone réglementaire » au sens des dispositifs nationaux (type Bilan des Emissions des Gaz à Effet de Serre, « BEGES »). En revanche, elle requiert la production d’informations environnementales structurées relatives aux « émissions de gaz à effet de serre », selon une approche proportionnée, progressive et adaptée aux PME.
 
En pratique :
  • le bilan carbone n’est pas une obligation juridique pour appliquer la norme VSME ;
  • mais il constitue le socle méthodologique le plus robuste et le plus opérationnel pour répondre de manière fiable et cohérente aux attendus environnementaux de la norme.

 

Quel est le lien entre le bilan carbone et la norme VSME ? 

 
Le lien est fonctionnel et structurel, mais non normatif.
 
2.1. Le bilan carbone comme outil de production des données VSME
 
La norme VSME attend notamment des PME qu’elles soient en mesure de :
  • identifier leurs principales sources d’émissions ;
  • quantifier, même de manière simplifiée, leurs émissions de GES ;
  • expliciter les méthodologies, hypothèses et périmètres retenus ;
  • présenter, le cas échéant, des axes de réduction et de maîtrise.
Ces attendus correspondent précisément au contenu d’un bilan carbone, qu’il soit :
  • complet  (scopes 1, 2 et 3),
  • ou volontairement recentré sur les postes les plus significatifs.
Le bilan carbone constitue ainsi l’outil amont permettant d’alimenter les indicateurs environnementaux de la norme VSME.
Animation de communauté
Scope 1 : émissions directes de gaz à effet de serre
Scope 2 : émissions indirectes liées à l’énergie
Scope 3 : autres émissions indirectes
2.2. Correspondance entre bilan carbone et exigences VSME
 
La norme VSME ne prescrit pas un niveau de granularité précis, mais exige que les informations communiquées soient compréhensibles, cohérentes dans le temps, traçables et défendables.

Bilan carbone

  • Définition du périmètre organisationnel
  • Scopes 1 et 2
  • Analyse ciblée du scope 3
  • Méthodologie de calcul
  • Plan d’actions climat

Norme VSME

  • Périmètre de reporting ESG
  • Indicateurs environnementaux de base
  • Informations environnementales complémentaires
  • Documentation des hypothèses et méthodes
  • Orientation stratégique, gouvernance et trajectoire

Peut-on appliquer  la norme VSME sans bilan carbone formalisé ? 

La réalisation du bilan carbone contribue à l’établissement du rapport VSME et permet des gains d’efficacité dans sa rédaction. En l’absence de démarche structurée de type bilan carbone :
  • les données demeurent souvent déclaratives ;
  • la comparabilité et la fiabilité sont fragilisées ;
  • la réponse aux questionnaires CSRD des partenaires devient hétérogène ;
  • la crédibilité de la démarche ESG peut être remise en cause.
 
À l’inverse, un bilan carbone, même simplifié :
  • sécurise le socle environnemental du reporting VSME ;
  • facilite la mise à jour annuelle des indicateurs ;
  • renforce la cohérence avec les données financières et opérationnelles ;
  • prépare la PME à d’éventuelles exigences futures d’assurance extra-financière.

 

Enjeux de fiabilité et rôle du commissaire aux comptes 

 
Même en l’absence d’obligation d’assurance, la qualité des informations ESG devient un enjeu majeur de responsabilité pour les dirigeants. Dans ce contexte, le commissaire aux comptes peut intervenir :
  • en accompagnement méthodologique, dans le respect strict des règles d’indépendance ;
  • au titre de missions connexes (diagnostic de maturité ESG, revue de cohérence, procédures convenues, attestation volontaire) ;
  • en anticipation de futures exigences d’assurance extra-financière ;
La convergence entre données financières et données carbone impose :
  • une traçabilité des sources ;
  • une documentation rigoureuse des hypothèses ;
  • une cohérence avec les données comptables, opérationnelles et de gestion ;
 

Conclusion

 
Si le bilan carbone n’est pas juridiquement obligatoire pour établir un reporting VSME, il constitue néanmoins un levier structurant et un socle opérationnel indispensable.
 
La norme VSME s’appuie sur des données issues du bilan carbone sans en imposer ni la méthodologie ni le périmètre exhaustif.
S’appuyer sur une démarche bilan carbone permet de produire une information environnementale fiable, structurée et défendable ; il en constitue la véritable porte d’entrée opérationnelle. La norme VSME et le bilan carbone s’inscrivent dans une logique de progressivité et de pragmatisme, adaptée aux réalités économiques des PME.
Anticiper leur mise en œuvre devient un facteur clé de résilience, de compétitivité et de valorisation à moyen terme.
 
Le commissaire aux comptes, par sa culture du contrôle, de la fiabilité et de l’intérêt général, a vocation à jouer un rôle central dans cette transition.
 

Lecture clé

  • Le bilan carbone est un outil amont de mesure et d’analyse.
  • La VSME ne crée pas la donnée carbone ; elle l’organise, la rend lisible et exploitable.
  • Le bilan carbone est un outil facultatif mais recommandé qui sécurise les données issues du reporting VSME.
  • Le commissaire aux comptes a vocation à jouer un rôle essentiel dans la vérification des données issues du bilan carbone et du reporting VSME.